Des troubles au moment d’uriner ou des infections urinaires qui s’enchaînent peuvent traduire la présence de diverticules au niveau de la vessie. De quoi s’agit-il exactement et quels sont les risques pour la santé du patient ? Cet article vous dit tout sur le sujet !
Diverticules de la vessie : propriétés
La paroi interne de la vessie, constituée de muqueuse, peut être le siège du développement d’une hernie que l’on nomme diverticule. Cette sorte de petite poche fait saillie au travers des fibres du détrusor, muscle présent au niveau de l’organe, qui facilite l’expulsion de l’urine lorsqu’il se contracte.
Le diverticule est en communication avec la vessie, par un orifice souvent étroit, le collet. Il se remplit donc d’urine à mesure que celle-ci s’accumule. Mais il se vide difficilement lors de la miction, car il n’est pas en mesure de se contracter. L’urine y stagne donc, une condition propice à la survenue de différents problèmes urinaires.
Origine des diverticules de la vessie
Les diverticules de la vessie peuvent avoir différentes origines :
- Certains sont liés à un problème au cours du développement du fœtus et sont donc présents dès la naissance. On parle alors de diverticules vésicaux congénitaux ; ils surviennent plus fréquemment chez les petits garçons.
- D’autres apparaissent plus tardivement, la plupart du temps à l’âge adulte. Ils résultent souvent de la présence d’un obstacle qui s’oppose à l’écoulement normal de l’urine. En conséquence, le détrusor se renforce pour compenser cette difficulté, mais présente des zones de faiblesses propices à la formation du diverticule.
- Un obstacle couramment rencontré est l’adénome de la prostate : ce petit organe de l’appareil génital masculin augmente de volume et vient comprimer les voies urinaires.
Symptômes
Si la présence d’un ou de plusieurs diverticules au niveau de la vessie peut rester très discrète, elle entraîne chez certaines personnes différents signes :
- le développement d’infections urinaires, qui ont tendance à récidiver tant que le diverticule est présent ;
- la formation de calculs urinaires ;
- des envies fréquentes d’uriner ;
- une sensation que la vessie n’est pas vide après passage aux toilettes ;
- des douleurs dans le bas du ventre.
Diverticules de la vessie : prise en charge des patients
Poser le diagnostic
Face aux symptômes évoqués par son patient, l’urologue va mener une échographie, qui met en évidence la présence du diverticule. Il peut juger nécessaire de réaliser différents examens en complément :
- un scanner de la région pelvienne ;
- une cystographie : il s’agit d’une radiographie de la vessie, qui est remplie au préalable par un produit de contraste pour apparaître sur les clichés ;
- une exploration de la vessie à l’aide d’un fibroscope (tube souple doté d’une caméra, inséré par l’orifice urinaire et guidé jusqu’à l’organe).
Intervention chirurgicale
Lorsqu’un diverticule atteint une taille importante et qu’il provoque différents symptômes, son élimination est indispensable. L’opération, appelée diverticulectomie, est menée sous anesthésie générale ou loco-régionale. Elle est pratiquée à partir d’une ouverture large de l’abdomen (laparotomie) ou, le plus souvent, par cœlioscopie : de fines incisions permettent de glisser une caméra et les instruments chirurgicaux.
Dans certains cas, il est possible de se contenter d’élargir le collet pour faciliter l’écoulement de l’urine qui s’y trouve. L’intervention est alors menée sous anesthésie locale, par fibroscopie.
Dans tous les cas, la cause ayant conduit à la formation du diverticule doit être traitée pour éviter que la situation ne récidive.