Cystite interstitielle

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La cystite interstitielle, ou syndrome de la vessie douloureuse, est une inflammation chronique de la vessie, dont les causes restent méconnues. Elle se manifeste par des troubles urinaires associés à des douleurs au niveau du bas du ventre. Son diagnostic est complexe et repose principalement sur l’élimination des autres causes de troubles urinaires. De même, la prise en charge médicale est difficile et consiste essentiellement à soulager les symptômes.

Qu’est-ce que la cystite interstitielle ?

La cystite interstitielle, encore appelée le syndrome de la vessie douloureuse, est une maladie inflammatoire chronique de la vessie.

L’inflammation de la vessie provoque des douleurs, des troubles urinaires et des troubles sexuels, en dehors de tout contexte infectieux.

Probablement sous-diagnostiquée, il est difficile de connaître avec exactitude le nombre de personnes touchées par cette maladie. Les estimations en Europe varient d’1 personne atteinte sur 12 500 à 1 personne atteinte sur 1 500.

Bon à savoir : la cystite interstitielle affecte principalement les femmes (90 % des cas) et survient généralement entre 30 et 40 ans. Un quart des patients a moins de 30 ans et certaines personnes peuvent développer la maladie dès l’enfance.

Causes de la cystite interstitielle

Les causes de la cystite interstitielle restent inconnues à ce jour et cette maladie a longtemps été associée à des troubles psychologiques voire psychiatriques. Actuellement, les spécialistes supposent que cette pathologie regrouperait plusieurs maladies aux origines multiples.

Plusieurs facteurs ont été mis en cause pour expliquer le développement d’un état inflammatoire chronique de la vessie :

  • une altération de la perméabilité de la paroi de la vessie (retrouvée chez 70 % des patients) ;
  • le facteur antiprolifératif présent uniquement dans les urines des patients atteints de cystite interstitielle ;
  • un problème neurologique ;
  • des réactions allergiques ;
  • des troubles auto-immuns car de nombreux patients atteints souffrent également d’une pathologie auto-immune (polyarthrite rhumatoïde, lupus érythémateux disséminé) ;
  • une prédisposition génétique (existence de cas familiaux) ;
  • des facteurs environnementaux.

Symptômes de la cystite interstitielle

Les premiers symptômes de la maladie peuvent apparaître spontanément ou suite à un évènement (intervention chirurgicale gynécologique, accouchement, infection bactérienne de la vessie).

Les symptômes de la cystite interstitielle varient d’une personne à l’autre, mais il existe plusieurs symptômes caractéristiques :

  • des envies anormales d’uriner de jour comme de nuit (pollakiurie), envies pressantes et/ou fréquentes (jusqu’à 50 mictions par jour) ;
  • des douleurs pelviennes (au niveau du bas du ventre, de la vessie, de l’urètre et/ou du vagin) souvent plus intenses quand la vessie est pleine ;
  • des difficultés pour uriner et vider la vessie ;
  • des douleurs au moment des rapports sexuels (50 % des cas) ;
  • plus rarement des douleurs articulaires et musculaires, des maux de tête et des troubles digestifs. 

Bon à savoir : le plus souvent, la maladie évolue par poussées (exacerbation de la maladie) entrecoupées de périodes d’accalmie. Chez les femmes, les symptômes peuvent varier en fonction de facteurs hormonaux (au cours du cycle menstruel, pendant ou après la grossesse).

Diagnostic de la cystite interstitielle

Plusieurs pathologies relativement fréquentes peuvent occasionner des symptômes similaires à ceux de la cystite interstitielle.

Le médecin s’attachera donc dans un premier temps à exclure l’ensemble de ces pathologies avant de pouvoir confirmer le diagnostic de cystite interstitielle par différents examens :

  • Un examen cytobactériologique des urines (ECBU) permet de rechercher une éventuelle infection (cystite bactérienne).
  • Une cystoscopie avec hydrodistension de la vessie (visualisation de la paroi de la vessie grâce à un cystoscope introduit dans l’urètre, couplé à un  remplissage de la vessie) sous anesthésie générale. En cas de cystite interstitielle, des micro-hémorragies révélatrices de fissures dans la paroi vésicale (glomérulations) peuvent être observées. Dans les formes sévères, la paroi de la vessie peut même s’ulcérer (ulcère de Hunner).
  • Une cystomanométrie (examen urodynamique qui permet de déterminer la capacité de la vessie à retenir l’urine). Généralement, en cas de cystite interstitielle, cette capacité de la vessie est réduite.

Plusieurs critères ont été retenus pour établir le diagnostic d’une cystite interstitielle, même si ces derniers sont actuellement remis en cause par de nombreux spécialistes.

Un des deux critères suivants doit être présent : des glomérulations, un ulcère de Hunner.

Un des deux symptômes suivants doit être présent : des douleurs au niveau de la vessie ; des envies pressantes d’uriner.

Bon à savoir : le diagnostic de cystite interstitielle ne peut être posé que chez les adultes.

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Traitement de la cystite interstitielle

Puisque les causes exactes et les mécanismes pathologiques de la cystite interstitielle restent méconnus, aucun traitement spécifique n’a pu être développé.

Au quotidien :

  • N'abusez pas des lavages intimes, même si vous utilisez un produit adapté au pH neutre.
  • Après les toilettes, essuyez-vous de l'avant vers l'arrière, surtout pas l'inverse.
  • L'hygiène intime des deux partenaires doit être soignée (avant et après les rapports sexuels).
  • Après chaque rapport sexuel, allez rapidement uriner.
  • Essayez autant que possible d'aller aux toilettes dès que l'envie d'uriner se fait sentir.

La prise en charge médicale vise ainsi à soulager au maximum les symptômes des patients, en se basant sur plusieurs éléments :

Bon à savoir : depuis le 11 mai 2021, les pharmaciens d'officine formés peuvent délivrer sans ordonnance les antibiotiques suivants dans le cadre de la prise en charge des cystites chez les patients de 16 à 65 ans : Fosfomycine trométamol PO (prise unique) et Pivmecillinam PO (400 mg deux fois par jour pendant 5 à 7 jours), selon les recommandations de la HAS dans le cadre du plan national pour la maîtrise de l’antibiorésistance.

  • des antihistaminiques chez les patients allergiques ;
  • le polysulfate de pentosan sodique (un dérivé de l’héparine) qui agit pour réparer la paroi vésicale (disponible uniquement dans les hôpitaux) ;

À noter : le pentosane polysulfate oral (Elmiron®) a une efficacité symptomatique incertaine et il expose à des effets indésirables graves dont des thrombopénies immunoallergiques à l’origine de thromboses artérielles et de maculopathies pigmentaires.

  • une hydrodistension de la vessie qui soulage certains patients (dilatation de la vessie avec de l’eau sous anesthésie générale) ;
  • l’instillation dans la vessie de différentes substances : de l’héparine, de l’acide hyaluronique (non pris en charge par la Sécurité Sociale) ou du DMSO (Diméthylsulfoxide). 

Une intervention chirurgicale est réservée aux formes les plus sévères et uniquement en dernier recours. Plusieurs techniques chirurgicales peuvent être utilisées en fonction du cas de chaque patient :

  • la cystectomie (ablation de la vessie) qui nécessite une urostomie (recueil des urines dans une poche au niveau de l’abdomen) ;
  • la dénervation des racines sacrées pour interrompre la transmission des messages douloureux, souvent peu efficace et entraînant un risque d’incontinence ;
  • l’implantation d’un neurostimulateur, avec des résultats contrastés ;
  • une entérocystoplastie (suture d’une partie de l’intestin à la vessie) pour agrandir la capacité de la vessie (rarement utilisée) ;
  • la chirurgie au laser pour traiter spécifiquement l’ulcère de Hunner.

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