L’hémodialyse est un traitement essentiel de l’insuffisance rénale qui consiste à épurer le sang du patient à la place des reins défectueux. L’hémodialyse se déroule en plusieurs séances hebdomadaires dans un centre de dialyse ou au domicile du patient. Hémodialyse et insuffisance rénale impactent la vie quotidienne des patients.
Qu’est-ce que l’hémodialyse ?
Traiter l’insuffisance rénale
Les reins sont des organes vitaux qui assurent des fonctions essentielles de filtres : ils éliminent les déchets de l’organisme (urée et créatinine) transportés par le sang et les évacuent dans les urines. Parallèlement, ils maintiennent les quantités d’eau et de sels minéraux constantes dans l’organisme. Enfin, ils produisent des hormones et des vitamines indispensables pour la synthèse des globules rouges, la régulation de la pression artérielle et le maintien de la densité osseuse.
L’insuffisance rénale est la conséquence des maladies rénales. Les reins n’assurent plus leurs fonctions et l’organisme accumule des déchets. Dans le cas de l’insuffisance rénale chronique, les reins perdent progressivement leurs capacités sur plusieurs années pour aboutir à l’insuffisance rénale terminale où les reins n’assurent plus leurs fonctions. Le pronostic vital du patient peut alors être engagé à court terme. La dialyse devient indispensable.
Une technique d’épuration du sang
La dialyse est une technique d’épuration du sang qui permet d’assurer une partie des fonctions rénales. En aucun cas, elle ne permet de guérir l’insuffisance rénale. La dialyse permet de débarrasser l’organisme des déchets, des sels minéraux et de l’eau accumulés en excès.
Deux techniques de dialyse existent :
- l’hémodialyse ou rein artificiel : le sang du patient passe dans un appareil qui filtre le sang à travers une membrane artificielle, puis le sang épuré est réinjecté au patient ;
- la dialyse péritonéale utilise le péritoine (membrane entourant l’ensemble des organes de l’abdomen) comme membrane de filtration.
Le choix entre les deux techniques dépend de chaque cas. L’équipe médicale pluridisciplinaire et le patient s’accordent sur cette décision.
Comment se déroule l’hémodialyse ?
La préparation aux séances d’hémodialyse
L’hémodialyse nécessite une voie d’accès vasculaire pour accéder au sang du patient et consiste ensuite à le faire circuler dans l’appareil de dialyse (le dialyseur) et le restituer au patient. Cette voie d’accès doit être sûre, propre et facile. Trois principaux types d’accès existent :
- la fistule artério-veineuse (FAV) ;
- la prothèse vasculaire ou greffon ;
- le cathéter veineux central.
Pour l’hémodialyse, la voie d’accès la plus utilisée est la fistule artério-veineuse. La création de cette fistule est réalisée au cours d’une petite intervention chirurgicale sur le poignet ou le bras sous anesthésie locale. Elle permet de relier une artère et une veine. Cette liaison entre la veine et l’artère entraîne une augmentation du débit sanguin dans la veine, qui se dilate et devient visible sous la peau. En touchant cette veine, on ressent une sorte de frémissement (appelé le thrill) qui témoigne du bon fonctionnement de la fistule.
Le déroulement des séances d’hémodialyse
Les séances d’hémodialyse peuvent se dérouler dans différents endroits :
- un centre d’hémodialyse en présence de personnel médical ;
- une unité de dialyse médicalisée en présence de personnel médical ;
- une unité d’autodialyse en présence d’un infirmier ;
- à domicile.
Les séances d’hémodialyse durent en général 4 à 5 heures et ont lieu trois fois par semaine. La durée précise de la dialyse est fixée par le médecin en fonction du stade de l’insuffisance rénale, de la quantité de déchets accumulés en excès et de la corpulence du patient.
L’infirmier connecte la fistule artério-veineuse du patient à l’appareil de dialyse qui va épurer le sang. Tout au long de la séance, le patient peut s’occuper librement, tant qu’il reste connecté à la machine. L’infirmier vérifie la pression artérielle et le pouls toutes les heures.
Contraintes et conséquences de l’hémodialyse
L’hémodialyse permet à la majorité des patients en insuffisance rénale de mener une vie personnelle et professionnelle normale. Cependant, les séances d’hémodialyse sont contraignantes et engendrent des conséquences parfois importantes sur la vie quotidienne du patient.
Le patient doit adapter ses horaires de travail et ses activités à la durée des séances hebdomadaires de dialyse. Vacances et déplacements doivent être planifiés à l’avance de façon à trouver un centre de dialyse à proximité et organiser la prise en charge sur place. Il est en effet impossible d’interrompre un traitement de dialyse, ne serait-ce qu’une semaine.
Le patient doit également adopter une alimentation particulière qui vise à limiter l’accumulation des déchets. Un suivi diététique personnalisé est prescrit pour indiquer au patient ce qu’il peut manger et en quelles quantités. Le patient doit aussi limiter au maximum sa consommation de sels et d’eau (restriction hydrique). La quantité d’eau autorisée chaque jour est précisée par le médecin pour chaque patient. Le patient doit prendre plusieurs médicaments en continu.
Pour soulager le stress lié à l’hémodialyse, une diffusion atmosphérique et des inhalations sèches d’huiles essentielles (de lavande fine notamment) se révèlent très efficaces. Quelques gouttes déposées sur un support poreux (comme un objet en plâtre par exemple) et placées à une quinzaine de centimètres de l’oreiller une demi-heure avant le coucher ont permis d’améliorer de façon significative la qualité de vie des patients.
Complications possibles de l’hémodialyse
L’hémodialyse impose une surveillance étroite du patient entre les séances de dialyse. De nombreux examens sanguins sont pratiqués pour évaluer l’efficacité des séances de dialyse. Ces analyses permettent également d’estimer l’efficacité du suivi de la restriction hydrique, du régime alimentaire et des traitements médicamenteux.
La dialyse peut présenter plusieurs risques de complications, qui peuvent survenir rapidement ou progressivement après plusieurs années de traitement :
- une anémie (insuffisance de globules rouges) ;
- des crampes ;
- une peau sèche avec des démangeaisons ;
- une perte de poids ;
- une fatigue chronique.
Lorsqu’un patient atteint le stade de la dialyse (une personne sur dix), l’insuffisance rénale est sévère, voire terminale. Le patient ne peut pas vivre sans dialyse et la dialyse est prescrite à vie. La seule alternative possible à la dialyse est alors une greffe de reins. Certains patients sont greffés directement sans passer par la dialyse, d’autres sont greffés après plusieurs années de dialyse.