Une flore polymorphe retrouvée dans une analyse désigne la présence de plusieurs bactéries dans le fluide biologique analysé.
Le point dans notre article.
Flore polymorphe : pour comprendre
Lorsqu’une personne présente de la fièvre ou des symptômes infectieux autres, il est nécessaire de réaliser un ou plusieurs prélèvements de fluides biologiques afin de détecter la présence d’un agent infectieux.
B.a.-ba
Une infection est due à la pénétration et la multiplication d’un agent infectieux dans le corps humain :
- Seuls quelques micro organismes peuvent provoquer des infections. On les appelle des agents pathogènes. Les autres sont inoffensifs. Par exemple, le tube digestif, les voies génitales, l’appareil respiratoire et la peau sont recouverts d’un ensemble d’espèces bactériennes que l’on appelle la flore bactérienne saprophyte.
- On oppose la flore bactérienne saprophyte, physiologique à une flore bactérienne pathogène, responsable d’infection.
L’humain est exposé à 4 types d’agents infectieux : les bactéries, les virus, les champignons et les parasites.
Afin d’identifier l’agent infectieux en cause, on prélève un fluide biologique suspect d’infection et on l’analyse en laboratoire.
Analyses biologiques
Le fluide biologique prélevé est d’abord analysé au microscope : c’est l’examen direct puis mis en culture sur plusieurs jours.
Les fluides biologiques les plus couramment prélevés sont les suivants :
- urines : ECBU ou examen cytobactériologique urinaire ;
- crachats (ECBC) ;
- matières fécales : coprocultures.
Les autres examens cytobactériologiques nécessitent une ponction à l’aide d’une aiguille et sont plus souvent réalisés en milieu hospitalier :
- sang : hémocultures ;
- liquide pleural, par ponction pleurale ;
- liquide céphalo-rachidien, par ponction lombaire ;
- ascite, liquide intra-abdominal présent en cas de maladie du foie, de cancer abdominal ou de la sphère gynéco-urologique ;
- écoulement cutané ou muqueux, d’une plaie par exemple.
L’analyse au laboratoire du fluide biologique suspect d’infection a pour objectif d’identifier l’agent infectieux afin d’administrer au malade le traitement adéquat.
Flore polymorphe : examen cytobactériologique urinaire
C’est l’examen le plus couramment demandé car les infections urinaires sont très fréquentes.
Conditions du prélèvement
Afin de garantir la fiabilité des résultats, le recueil des urines nécessite de bonnes conditions :
- toilette périnéale soigneuse et séchage ;
- urine du milieu du jet (afin d’éviter les souillures de la flore cutanée ou urétrale) ;
- échantillon prélevé si possible le matin au réveil ;
- analyse dans les 2 heures suivant le prélèvement : si cela n’est pas possible, l’échantillon doit être conservé au réfrigérateur à +4°C pendant au maximum 24 heures.
Si ces conditions ne sont pas réunies, l’ECBU risque de conclure à une flore polymorphe : présence de plusieurs types de bactéries détectées et de perdre sa significativité.
Données recueillies
Le biologiste recueille les paramètres suivants:
- La cytologie : compte des globules blancs et globules rouges, positifs si > 10 éléments/mm ³.
- La bactériologie : identification et compte des germes, seuil de positivité variable selon la bactérie identifiée, généralement > 103 UFC/mL (unités formant colonies). Cette identification est couplée à un antibiogramme.
Ainsi, le traitement antibiotique est adapté à la bactérie causale de l’infection. On utilisera toujours en première intention les antibiotiques les plus communs.
Toute suspicion d’infection urinaire nécessite une évaluation médicale.